L'agriculture biologique représente actuellement 6.1 % de la Surface Agricole Utile (S.A.U.) de la Wallonie, avec un objectif à 10 % dans les années futures. Dans certaines communes du sud et de l'est, cette proportion dépasse les 20 %. Plus de 3% du cheptel bovin wallon est déjà en élevé en démarche bio et de nombreux éleveurs entament leur reconversion. Aux côtés des pionniers du bio, qui le pratiquent par conviction depuis de très nombreuses années, apparait une nouvelle génération de producteurs, qui saisissent cette opportunité. Ainsi, il est très probable que tous les vétérinaires seront amenés à avoir un ou plusieurs éleveurs bio dans leur clientèle.
Ces élevages, même si le cahier des charges bio prévoit une limitation de l'utilisation des médicaments, nécessitent aussi un accompagnement vétérinaire, ne fut-ce que pour l'épidémio-surveillance, mais également parce que la bonne santé du troupeau participe à la rentabilité de l'élevage et garantit la qualité des denrées alimentaires produites.
Pourtant, les vétérinaires ne se sentent pas toujours à l'aise dans la filière bio !
C'est peut-être parce que certaines reconversions se sont accompagnées de commentaires pas très flatteurs, du style " je vais faire du bio et je change de race. parce que les frais vétérinaires sont trop élevés " qui ont piqué au vif l'amour propre. et le portefeuille du vétérinaire. Mais c'est peut-être aussi par méconnaissance des réelles contraintes et procédures, qui fait dire à un confrère : " c'est mon client qui me dit ce que je peux faire ou pas dans sa ferme, et qui me dit ce que je dois écrire dans son registre, c'est malsain que les rôles semblent ainsi inversés. ". Et puis, c'est peut-être aussi parce que cette filière est encadrée par de nombreux conseillers et techniciens de tout bord, avec lesquels le vétérinaire du terrain n'a pas toujours un contact facileà
Toujours est-il que l'agriculture biologique fait partie de notre monde agricole et qu'elle représente une opportunité de prestations vétérinaires, certes partiellement différentes de la filière traditionnelle, qu'il est utile que chaque praticien puisse saisir.
L'objet de ce colloque est de présenter les exigences du cahier des charges de l'agriculture biologique et de permettre au praticien d'y trouver le cadre pour y pratiquer son art de guérir et accompagner l'éleveur pour la gestion de la santé et de la productivité de son troupeau.
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