Aujourd'hui le sujet du " bien-être animal " se retrouve plus que jamais sur le devant de la scène médiatique. La plupart des consommateurs se préoccupent des conditions d'élevage lorsqu'ils choisissent leur alimentation. Ils associent " Bien-être des animaux " et " qualité des aliments ". On parle de plus en plus " d'éthique animale " et on assiste à une évolution des représentations de l'animal, de son statut dans la société. Le vétérinaire praticien se retrouve au coeur du débat. Comment s'y retrouver entre les dimensions scientifiques, techniques, économiques, sociales et éthiques du bien-être animal ? Dans son travail quotidien avec l'éleveur, premier acteur du bien-être de ses animaux, comment en parler, comment l'évaluer, comment former ? En tant que professionnel de la santé, comment témoigner de manière objective face aux vives réactions émotionnelles du public et de la presse ?
Comment, en tant que vétérinaire, occuper un place professionnelle objective dans la problématique du BEA et des controverses sociétales qu'elle suscite ? Comment aborder le BEA avec l'éleveur pour qu'il soit perçu comme autrement qu'une contrainte inutile ? La littérature scientifique montre différents points de résistance à la mise en ouvre de l'éducation au bien-être animal dans l'élevage (Vidal et Simonneaux, 2013, Lipp et Simonneaux, 2014). Comme le confirme la Stratégie de l'Union européenne pour la protection et le bien-être des animaux 2012-2015, les éleveurs ne connaissent pas les pratiques de production alternatives et créent souvent eux-mêmes une résistance pour changer ce qui pourrait améliorer le bien-être animal. La loyauté et les habitudes acquises à l'égard des pratiques parentales, la conformation aux pratiques et idéologies dominantes du monde professionnel priment sur les valeurs éthiques et constituent des obstacles psychologiques et culturels à la prise en compte
Le bien-être des animaux est donc un sujet difficile à communiquer dans le domaine agricole. Le vétérinaire occupe une position stratégique importante dans ce domaine mais ignore souvent comment aborder la problématique avec l'éleveur. Communiquer sur le BEA exige non seulement des connaissances, mais aussi des compétences transversales spécifiques qui ne sont généralement pas prises en compte comme le contexte de vie, le sens donné, l'empathie avec les autres acteurs et avec l'animal (Vidal et Simonneaux, 2015). Le "refroidissement" de la question vivante du bien-être animal conduit alors à la promotion d'une technoscience qui montre aujourd'hui ses limites. Ne pas remettre en cause les valeurs, les affects associés à la prise en compte du bien-être de l'animal, effacer les difficultés à le caractériser, afin d'éviter qu'il ne soit remis en question par les apprenants, conduit à un véritable paradoxe : en cherchant à restaurer l'animal comme un être sensible, c'est une vision réifiée
Comment les vétérinaires peuvent-ils être formés et se former pour autonomiser les éleveurs en encourageant la pensée critique ? Les vétérinaires sont chargés de missions d'accompagnement, d'inspection et de contrôle des conditions d'élevage. Cette formation vise à aider les vétérinaires pour qu'ils puissent jouer un tel rôle dans une posture émancipatrice pour l'agriculteur.
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