Depuis ces 20 derniers mois, l’ARSIA observe une augmentation significative de la proportion d’isolements positifs pour Salmonella dublin dans les examens bactériologiques réalisés tant sur cadavres de veaux et sur avortons que dans les matières fécales référées au laboratoire. Même si en termes taxonomiques, le terme « salmonellose » se réfère à l’infection par une seule et même espèce et sous-espèce (Salmonella enterica ssp enterica), chaque « sérovar » (ou sérotype) de salmonelle se différencie tellement des autres sur les plans clinique, pathogénique, épidémiologique ainsi que zoonotique que l’on est souvent amener à les considérer quasiment comme des espèces à part entière. Il n’est pas toujours évident pour le vétérinaire praticien de s’y retrouver dans ces subtilités taxonomiques, ce qui peut être à l’origine de confusions voire d’erreurs notamment dans l’appréciation des facteurs de risques (sources de contamination, etc) ainsi que dans les mesures de prévention et de traitement. En Belgique, le serovar Dublin est celui majoritairement isolé chez les bovins. Bien que considéré comme moins pathogène pour l’homme que Typhimurium, ce sérovar n’en conserve pas moins un potentiel zoonotique certain justifiant une vigilance épidémiologique voire la prise de mesures de maitrise à l’échelle du troupeau en vue de limiter le risque de toxi-infection d’origine alimentaire (TIA) par le biais des produits fermiers (lait, fromages au lait cru, etc.). Par ailleurs, Salmonella Dublin est également un pathogène majeur pour les bovins impliqué dans une série de syndromes (avortements, diarrhées hémorragiques, septicémie, …) nécessitant la mise en œuvre de stratégies thérapeutiques et prophylactiques adaptées dans les élevages touchés. En termes de prévention, de plus en plus de vétérinaires effectuent un dépistage sérologique de la salmonellose à l’occasion de l’introduction d’un nouveau bovin dans un troupeau. L’interprétation et la conduite à tenir face à des résultats positifs posent souvent question notamment quant au caractère excréteur (ou pas) de l’animal et donc par rapport à sa dangerosité pour le reste du cheptel. Sur base de ces différents éléments, il semble utile de rappeler une série de fondamentaux concernant les salmonelloses, de refaire le point sur l’implication sanitaire et l’évolution des infections à salmonelles au sein du cheptel bovin wallon et de partager les expériences de maitrise individuelle et collective de celles-ci en passant en revue les différents outils de diagnostic, de traitement et de prévention actuellement à disposition du praticien.
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